L'évidence, la Grand Messe, la date annuelle... ça y est, I Love Techno revient... Une belle histoire en tous cas, qui commence en 1988 quand le jeune Peter Decuypere reprend la gestion du Fifty Five, un club situé à Kuurne autour de Courtrai. En un an, le 55 va devenir la coqueluche de tout le pays à coups d'Acid House. Puis en 1994, Peter décide de créer le Fuse à Bruxelles chaque samedi ... et boum, en un an le Fuse devient une référence mondiale en Techno. Donc en 95, il a été trouver les responsables d'un grand festival rock en leur proposant de financer un festival Techno. C'est leur refus qui va donner naissance à I Love Techno.
Persuadé par cette musique, Peter a d'abord testé le concept d'I Love Techno au Vooruit de Gand avec une vingtaine d'artistes représentatifs de la création Tech de Detroit et Chicago aux USA, et Jeff Mills en tête de liste, mais aussi des concerts et des deejays britanniques, français, allemands, et bien sûr les programmateurs belges du Fuse. A l'époque c'est un peu moins de 900 personnes qui vont profiter de ce grand rendez-vous occupant cinq salles... mais ce 10 novembre 1995 n'était qu'une première pierre. Le 10 novembre 96, non seulement I Love Techno invitait les plus grosses stars du genre... Mills, Darren Emerson (Underworld), Mark Broom, mais aussi les plus radicaux de la Drum'n Bass naissante comme Doc Scott, Ed Rush et Peshay, les plus inattendus comme Stasis, et les plus commerciaux comme Paul Van Dyk (à l'époque le prince de la Trance). Score: largement plus de 5000 personnes... I Love Techno était forcé de déménager, le Vooruit ne pourrait pas en contenir plus, or le public demandait beaucoup plus. 1997 fut l'année de la première dans un Flanders Expo peu préparé à un tel événement. Ils crânaient pas mal en disant qu'ils avaient accueilli David Bowie, Tina Turner et Bon Jovi... mais ça, ils ne s'y attendaient pas. Voir débarquer 10.000 extraterrestres pour écouter la musique proposée par Stacey Pullen, Carl Cox, Dave Clarke, Daft Punk, l'incontournable Jeff Mills, l'éphémère et italien Robert Miles et les japonais d'Appolo 440, c'était un véritable événement. Et c'était pas fini... 18.000 en 1998, et jusqu'à 35.000 en 2001 avec une autoroute E40 totalement bloquée à hauteur de Gand, et des voisins terrorisés. Ah? Il y a des voisins à Flanders Expo? En auriez vous douté, on vous trouverait des voisins dans le désert ou au fond de la mer... et bien oui, il y en a là aussi. C'est la plus grande salle de Belgique et on sait qu'il s'y produit beaucoup de bruit, et bien il y a des maisons modernes et des voisins qui portent plainte... on nage dans un surréalisme typiquement belge. Ambiance incroyable et souvenir inouï
Mais 35.000 il faut l'admettre, c'est une ambiance incroyable et un souvenir inouï pour tous ceux qui y ont participé. C'était aussi un examen d'entrée pour l'organisation puisque l'ensemble avait, suprême victoire de Peter Decuypere, été racheté (cher) par les mêmes qui l'avaient refusé en 95... et qui allaient être absorbés par la multinationale Clear Channel en 2002.Aujourd'hui, I Love Techno est une référence souvent imitée sans jamais trouver d'égal... et évoluer entre les 4 salles, chacune remplie de 5 à 8.000 personnes, provoque un vertige bienfaisant. Sans parler des dizaines de tonnes de matériel son et lumière qui sont en plein action durant toute la nuit, et ces nouveaux écrans qu'on nous annonce. Car en 2004, le choc s'était produit juste entre le passage de Felix Da Housecat et le concert des Prodigy... soudain, l'immense majorité du public (30.000 quand même) voulut absolument rentrer dans la salle qui était déjà au maximum de sa capacité. Résultat: fermeture des entrées durant une petite heure, et cordon de policiers à la porte pour éviter tout dérapage. Devant la frustration légitime de ceux qui n'avaient pu rentrer, les concepteurs d'I Love Techno ont mis au point un système d'écrans dans la salle centrale (la zone de passage) qui permettra à tous de suivre les performances des différents podiums.




