Brenart Art Gallery présente les oeuvres sur toile et papier de Serge Strosberg, artiste new-yorkais d'adoption, né à Anvers, dans sa deuxième exposition solo en Belgique. Dans un style entre l'expressionnisme et le réalisme américain, Strosberg déconstruit le monde de la mode. Il dresse un portrait de la culture de consommation qui l'entoure en peignant les vitrines de son quartier, SoHo. L'exposition explore la juxtaposition du matérialisme lié à la mode, avec un monde bien plus prosaïque mais tout aussi fascinant, celui de la nuit dans les rues de Manhattan.
Selon l'artiste, des marques très convoitées telles que Chanel, La Perla, Louis Vuitton ou Dior sont les valeurs d'aujourd'hui. Ces marques, vénérées telles de véritables icônes, reflètent les changements de mentalité d'une génération contemporaine qui considère que tout lui est du. La recherche de la perfection pousse les jeunes, tout comme les moins jeunes, à imiter les mannequins exposés dans les vitrines. Ce faisant, ils perdent leur identité propre et vont vers l'«uniform-ité.»Les apparentes similitudes entre ces êtres de plastique et les êtres humains, de même qu'une étrange relation circulaire et mimétique entre les deux, sont les concepts moteurs de l'oeuvre de Strosberg. Les surfaces réfléchissantes des vitrines sont une métaphore du changement de valeurs de la nouvelle génération.
En travaillant avec de vrais mannequins comme modèles, Strosberg repousse les limites des valeurs expressionnistes et humanistes de ses peintures antérieures. Il dresse un portrait des narcisses de la mode tout en faisant une peinture axée sur le fond, plutôt que sur la forme. Le but est de mettre en avant la personnalité cachée de son modèle plutôt que de se limiter à son aspect extérieur, vide de toute expression voire de vie authentique. Strosberg pense que la description qui est faite de lui à SoHo en tant que «peintre expressionniste de la mode» est tout à fait adéquate, bien qu'il s'agisse en fait d'un paradoxe car, dit-il, «les mannequins ne sont pas supposés prendre des poses expressives. Je fais le contraire en leur donnant une âme, une vie et une voix.»




