Les Monologues du vagin : Spécial Afrique @Théâtre de la Toison d'Or[Fanstalige show]En 2005, Nathalie Uffner met en scène les Monologues du vagin pour la première fois. Sept ans plus tard et pour la sixième année consécutive, elle remet le couvert et adapte la célèbre pièce pour des artistes atypiques. Trois actrices africaines vont reprendre le texte, le faire revivre et le transporter sur un continent différent.

Cette pièce est un classique et peut-être qu'un jour, elle deviendra légendaire. Lorsque Eve Ensler crée « Les Monologues du Vagin », son but est de regrouper des témoignages de femmes qui racontent le rapport qu'elles ont avec leur vagin. Elle veut laisser les femmes s'exprimer sur un sujet qui était encore tabou à l'époque. Nathalie Uffner, la metteuse en scène explique : « Lors de sa sortie, il y a 15 ans, les gens osaient à peine prononcer ce mot. En chuchotant, ils disaient, je vais voir les Monologues du vagin. Ils n'assumaient pas le mot vagin. Aujourd'hui, on en parle, c'est un petit peu moins tabou même si on sait qu'il y a encore beaucoup à faire ». Notamment dans l'est du Congo où Eve Ensler, l'auteur de la pièce s'est rendue récemment. Lors d'une conférence de presse à New-York, elle affirme que « Le viol n'est pas spécialement un phénomène africain ou congolais, c'est une épidémie mondiale, mais je dois dire que ce que j'ai vu, entendu et vécu dans l'est du Congo est, sans aucun doute, la pire situation de violence envers les femmes dans le monde ». Faire jouer cette pièce par des actrices africaines, c'est une façon de rendre hommage à celles qui souffrent de leur statut de femme. D'ailleurs, Nathalie Uffner a ajouté au script original, le récit d'une jeune congolaise : « Nous avons ajouté au texte initial un passage inédit tiré d'un nouveau spectacle d'Eve Ensler intitulé Créatures émotionnelles et dans lequel elle a rassemblé des témoignages d'adolescentes. Parmi ces récits de vie, une adolescente congolaise raconte son histoire et j'avais envie de partager ce texte inédit. En choisissant des actrices africaines, je savais qu'elles pourraient incarner cette histoire mais aussi, ré-interpréter le récit classique des Monologues du vagin ». Il est temps de remettre au goût du jour la lutte pour l'émancipation de la femme. Aller voir cette pièce, c'est nous rappeler les combats qui restent à gagner dans les différentes régions du monde. La lutte contre les injustices vécues dans l'est du Congo ont à présent une voix à travers laquelle s'exprimer. Au départ, féministe, cette pièce revêt surtout, une dimension humaniste. Ce n'est pas le statut de femme que l'on revendique mais celui de la dignité humaine. Fidèle à son habitude de théâtre cocasse, le spectacle promet de l'émotion mais aussi du rire. Le sujet n'est pas léger mais les artistes drôles et pétillantes promettent d'apporter un nouveau souffle à la pièce.
Avec Bwanga Pilipili, Babetida Sadjo et Awa Sene Sarr

BrusselsLife a vu Les Monologues du Vagin

Avis rédigé par BrusselsLife le 2 mars Le spectacle tient ses promesses. Jusqu'au bout, les actrices nous tiennent en haleine. Chants, danses, rires, pleurs, il n'y a aucun temps mort. A mi-chemin entre la comédie et le drame, on ne sait pas toujours s'il faut rire ou pleurer. Mais le feed-back des spectateurs est clair, la pièce est en passe de devenir l'une des versions les plus marquantes des Monologues du Vagin. Note : 4 /5