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Jean 1er de Brabant, l’un des pères du commerce bruxellois et de la bière belge

Victor Lepoutre.

04 Dec 2017, 14:12 Last Updated: 04 Jan 2018, 10:01

Peu de Bruxellois connaissent ce personnage historique, il est pourtant enterré près de la Bourse dans un musée ouvert tous les 1er mercredis du mois

Jean 1er de Brabant, l’un des pères du commerce bruxellois et de la bière belge
Jean 1er de Brabant, l’un des pères du commerce bruxellois et de la bière belge

Si vous passez à pied à droite de la Bourse, vous avez peut-être déjà remarqué une verrière couvrant les vestiges de ce qui a tout l'air d'être un site archéologique. C'est en fait un musée: Bruxella 1238. Ouvert tous les premiers mercredis du mois via des visites organisées via le Musée de la Ville de Bruxelles, il vous propose de découvrir les fondations de ce qui fut un couvent franciscain, de 1238 à 1796. Ce qui reste aujoud'hui du couvent est en fait le caveau abritant les tombes de Jean 1er, duc de brabant, et sa femme Marguerite.  

Jean 1er met Bruxelles sur la carte des routes commerciales

Nous sommes au début du 13e siècle, à l’époque les routes de nos contrées sont encore remplies de brigands rendant les voyages commerciaux difficiles et dangereux. Brossela (ancien nom de Bruxelles), formée à l’extrémité d’une voie romaine, doit pour se développer se transformer en lieu de passage commercial qui permettra le prélèvement de taxes.

Pour ce faire, Bruxelles est idéalement située, avec d’un côté le port de Bruges et l’industrie drapière flamande et de l’autre les armureries liégeoises et le blé des plaines centrales d’Europe. Une route commerciale allant de l’ouest à l’est donnerait à Bruxelles une position centrale et ça, Jean 1er l’a bien compris.

Carte des voies romaines à la fin du 12e siècle

Source: http://www.iklasse.net/

La sécurisation de cet itinéraire a d’ailleurs commencé entre Bruges et Bruxelles, en revanche à l’est les querelles des seigneurs limbourgeois sont la cause du désordre qui règne sur les terres qui mènent au Rhin. Jean 1er s’empresse donc de racheter la succession du Limbourg et prend donc le contrôle des terres qui le mènent à Maastricht. Mais sa mission n’est pas finie, il lui faut sécuriser cette route jusqu’à Cologne, grande place commerciale à l’époque, afin de créer un flux commercial vers Bruxelles.

Un veni, vedi, vici à la bruxelloise 

Accompagné de quinze mille hommes, il entame donc une guerre qui durera cinq ans. Après avoir vaincu la faible résistance des seigneurs Rhénans à Maastricht, il poursuit sa route vers Cologne et investit la forteresse de Wörringen, au nord de la ville. C’en est trop pour les Rhénans qui rassemblent alors vingt-cinq mille hommes et passent à l'attaque. Seulement, la bataille prévue à l’aube ne tourne pas à leur avantage, et c'est  Jean 1er qui au bout de trois longues heures de combat la remporte. Une victoire qui lui valu le nom de ‘Jean le victorieux’ et qui mis à tout jamais Bruxelles au centre de l’axe Cologne-Bruges, avant que le port de Bruges s’ensable et qu’Anvers prenne le relais.

Il donna son nom à la Primus 

A l’issue de cette victoire, la légende veut qu’après cette bataille, Jean 1er (ou Jan Primus comme on le connaissait en latin) ait largement fêté la victoire. Au moment de féliciter ses soldats, il se serait assis sur un tonneau de bière, une boisson dont il aurait trouvé les exactes proportions d’ingrédients. L’image gravera à jamais l’allégorie du Roi de la bière Gambrinus et donnera également le nom de Jan Primus à la célèbre bière brassée à Haacht à quelques kilomètres de Louvain et dont le symbole n’est autre qu’un chevalier brandissant son épée sur sa monture cabrée…

Bruxelles typique Bruxelles typique