La Belgique est souvent présentée comme le pays du chocolat et de la Bande dessinée. Ce serait pourtant oublier les vertus de la boisson nationale : la bière. Celle-ci se décline sous toutes les couleurs : brune, blonde, ambrée, etc. et ses fermentations répondent à d'improbables énumérations : double, triple, etc.
Mais la plus prestigieuse des bières belges reste sans conteste la trappiste, breuvage de haute fermentation, brassé par des pères trappistes en Belgique. Depuis le début des années 60, cette bière bénéficie d'une protection légale visant à la protéger des tentatives de contrefaçons. Pour l'histoire, les bières trappistes sont des bières d'abbaye. Cependant, toutes les bières d'abbaye ne sont guère des trappistes. Pour se voir étiqueter de la célèbre appellation, la boisson doit être le fruit du labeur de pères originaires de la congrégation de "La Trappe", originellement située en Normandie (France).
A déguster avec sagesse...
Durant la Révolution française, l'ordre ecclésiastique, dirigé par la Règle de Saint-Benoît, s'est réfugié en Belgique, emmenant dans ses bagages le savoir-faire séculaire du brassage. De cette implantation historique, il ne subsiste aujourd'hui que six abbayes : Chimay (Notre-Dame de Scourmont), Orval (Notre-Dame d'Orval), Rochefort (Notre-Dame de Saint-Rémy), Westmalle (Onze-Lieve-Vrouw van het Heilig Hart) , Westvleteren(abbaye de Saint-Sixte) et Achel. Brassée dans l'enceinte de ces abbayes cisterciennes, sous le contrôle des moines trappistes, la bière s'inscrit alors dans une dimension sociale : une partie des revenus dégagée par l'activité brassicole doit, en effet, être utilisée à des fins caritatives. Tout ceci explique sans doute pourquoi la bière trappiste se déguste avec sagesse...