TOP

DUCS DE BOURGOGNE En marge de la librairie bourguignonne

. Histoire

08 Oct 2020, 15:10 Last Updated: 08 Oct 2020, 15:10

L’expo du KBRM présentant les manuscrits de Philippe le Bon remet en lumière la période ou les Ducs de Bourgogne ont régné sur Bruxelles.

En marge de la librairie bourguignonne
En marge de la librairie bourguignonne

Depuis la mi-septembre, le nouvel espace muséal de la Bibliothèque royale de Belgique – rebaptisée KBR – a ouvert ses portes à « La Librairie des Ducs de Bourgogne et sa collection unique de manuscrits du XVe siècle », qualifié à juste titre de trésor national, vieux de six siècles précieusement conservé par l’institution. Jadis constituée par Philippe le Bon, elle comportait près d’un millier d’ouvrages englobant l'ensemble des domaines de la pensée, dont un bon tiers a été sauvegardé. Le parcours de visite débute dans la chapelle de Nassau, seul vestige du palais éponyme et désormais intégré dans la bâtisse contemporaine de la KBR, avant de grimper à l'étage supérieur, où les manuscrits, de même qu’estampes, retables et armes, sont présentés dans des vitrines individuelles. 
 
La diplomatie de Philippe le Bon


Cette véritable immersion au cœur du XVe siècle évoque la Période bourguignonne qui s’est étendue de 1430 début du règne de Philippe le Bon, qui fut duc de Brabant de 1430 à 1467, jusqu’à l’avènement du Gantois Charles-Quint, de la dysnastie des Habsbourg, par héritage. Sous Philippe le Bon, Bruxelles conforte son statut de siège du pouvoir brabançon, et devient l'une des villes majeures de la cour de Bourgogne. Le palais du Coudenberg – dont les vestiges sous-plombent l’actuelle Place royale - est durant cette période agrandi et embelli pour accueillir les souverains bourguignons.


 
Le rêve d’une nouvelle Lotharingie
 
Digne prédécesseur de Charles-Quint, Philippe le Bon réunit par héritages et acquisitions judicieuses ce qui devient les « Pays-Bas bourguignons » englobant les actuels Pays-Bas, la Belgique et le nord de la France. Une grande partie de l’ancienne Lotharingie, du nom d’un des trois fils de Charlemagne, constituant la partie centrale de son empire, partagé à son décès avec Charles le Chauve (France actuelle) et Louis le Germanique (Allemagne)…
 
Les batailles de Charles le Téméraire
 
Ce fut moins drôle sous le règne du belliqueux Charles le Téméraire, duc de Brabant en 1467. Le fils de Philippe le Bon, précisément, veut joindre la Franche-Comté et la Bourgogne aux Pays-Bas bourguignons dans le but de reconstituer en quelque sorte cette fameuse Lotharingie, mais il meurt au combat devant Nancy, dont il avait prévu de faire sa capitale aux détriments de Bruxelles, occis d’un coup de hallebarde lors de la bataille opposant en 1477 ses troupes à la coalition des confédérés suisses (!) et du Duc de Lorraine, en l’occurrence soutenue par Louis XI, le Roi de France, allias le… cousin des Valois !
 
Les Habsbourg à la rescousse
 
Charles laisse une héritière, Marie, née à Bruxelles en 1457, laquelle conclut par le biais d’un mariage avec Maximilien d’Autriche, une alliance digne de s’opposer séance tenante aux appétits des Valois. La dame meurt d’une chute de cheval lors d’une partie de chasse au faucon à l’âge de 25 ans à peine, laissant deux jeunes enfants dont Philippe le Beau, futur père de Charles-Quint, dont l’éternel rival sera le célèbre François Ier. La rivalité entre les descendants des deux entités conduira au bombardement de Bruxelles sous Louis XIV et aux… guerres napoléoniennes dont on connaît l’issue… 
 

Art & histoire Histoire