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Les perruches de Bruxelles : Alexandre, à collier ou veuve?

Brusselslife Rédaction . Insolite

14 Sep 2021, 10:09 Last Updated: 14 Sep 2021, 12:09

Originales? Invasives? Surprenantes peut-être? Les volatiles les plus colorés de Bruxelles piaillent et construisent leurs nids dans les parcs Bruxellois depuis de nombreuses années. Mais qu'en savez-vous réellement?

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C'est en 1974 que l'histoire bien belge des perruches à Bruxelles a commencé. A ce moment là, le parc Meli du Heysel est en activité. Situé à deux pas de l'Atomium, on y trouve une foire, une plaine de jeux, des restaurants et, vestige de l'Exposition Universelle de 1958 ... un petit zoo contenant une volière d'oiseaux exotiques! 

La libération des perruches!

Vers 1974, l'antenne du Meli parc du Heysel doit malheureusement fermer ses portes. C'est à ce moment là que le directeur du parc a  décidé de relâcher ces volatiles dans la nature sans se soucier de la suite des événements. Après tout, ce ne sont que de petits oiseaux colorés... Trois espèces différentes sont identifiées comme provenant de cette volière. Dans un premier temps, sur la cinquantaine d'individus remis en liberté, la plupart a trouvé refuge dans les parcs à proximité de la volière du Heysel. 

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Une multiplication importante des perruche est observée. Cette évolution a d'abord inquiété les ornithologues bruxellois car ces oiseaux étaient susceptibles de déranger ceux étant déjà installé à Bruxelles. Dans les années 90, le nombre de perruches avait déjà dépassé les 2000 individus. En 2007, environ 7000. 12 000 perruches étaient recensées en 2014 et ce nombre n'arrête pas d'augmenter. A l'heure actuelle, la population de perruches en liberté en Belgique a dépassé les 20 000 individus. On en retrouve en Flandre comme en Wallonie.

Quelles espèces peut-on observer à Bruxelles?

Des perruches principalement vertes et nicheuses! Deux des trois espèces de perruches de Bruxelles sont robustes et souvent confondues tellement elles se ressemblent : il s'agit de la perruche Alexandre et de la perruche à collier. La Conure veuve est un peu plus petite mais verte également!

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La Perruche à collier et la Perruche Alexandre

Ce sont les deux espèces les plus grandes et robustes. Leurs comportements sont également très similaires : elles nichent dans des trous d'arbres et se rassemblent le soir dans les mêmes dortoirs collectifs (en dehors de la période de couvaison). 

La (Perruche) Conure veuve

Cette espèce est plus petite que les deux autres et son comportement n'a également rien à voir avec les deux autres. Celles-ci passent toutes leurs nuits dans leurs nids : chacun chez soi! Leurs nids sont composés de grandes structures que l'on pourrait appeler tissage. Ces nids sont suffisamment bien conçu que pour leur permettre d'y passer l'hiver, même si il est rude!

 

Où nichent les perruches à Bruxelles?

Deux dortoirs nocturnes notoires des perruches à collier et Alexandre se trouvent dans le parc Elizabeth à Koekelberg et sur le site de l'Otan à Evere. Néanmoins, leur population n'arrêtant pas de croître, il est possible (et ce n'est pas rare) d'en rencontrer aux abords des autres parcs bruxellois ou autres zones vertes quelconques. Bruxelles Environnement surveille tout de même ces populations d'oiseaux exotiques afin qu'elle ne dépasse pas le nombre des oiseaux d'espèces indigènes, propre à Bruxelles. Jusqu'à présent, la cohabitation avec les autres espèces se passe bien, si bien que les perruches peuvent se reproduire en toute tranquillité et prospérer.

 

Des risques pour la biodiversité bruxelloise?

A première vue, non. Néanmoins, deux risques potentiels inquiètent les détracteurs des perruches, source de nuisances sonores, de fientes et de chapardage maraicher.

  • Les conséquences sur les arbre fruitiers de la région : Les perruches se nourrissent des fruits présents dans les arbres et peuvent également dégrader les bourgeons de ceux-ci.
  • La concurrence avec les espèces aviaires locales : Les perruches ont les mêmes habitudes de nidification que les autres espèce d'oiseaux présentes à Bruxelles (moineau, étourneau, sitelle torchepot), nicher dans des trous d'arbres. Il ne faudrait pas que les espèces locales souffre du manque de place engendré par la multiplication de ces drôles d'oiseaux.

 

Ces petits oiseaux sont tolérés par la plupart des Bruxellois car ces volatiles sont teintés de couleurs vives, différents des espèces locales moins surprenantes par leur plumage. Elles sont également les témoins d'une vie possible pour les oiseaux exotiques à Bruxelles, ce qui la rend encore un peu plus magique ... Ne dit-on pas que la richesse vient de la (bio)diversité?

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