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BRUXELLES VERT-DE-GRIS Les traces de la Seconde Guerre Mondiale à Bruxelles

Les traces de la Seconde Guerre Mondiale à Bruxelles

Quatre longues années sous l’occupation nazie, ça laisse des traces profondes... Des statues, des plaques commémoratives, des noms de rues, des lieux de mémoire... Que relatent-ils ? Qui sont-ils ? Plongeons dans le passé !

La Seconde Guerre mondiale s’immisce dans le quotidien des Bruxellois sans qu’ils s’en rendent compte. Quels sont les stigmates qu'a laissé la guerre 40-45 ? Pendant la Seconde Guerre mondiale, Bruxelles tourne au ralenti sous une administration allemande qui rationne, réquisitionne, persécute et déporte à tour de bras. Les quatre années d’occupation coûte la vie à 947 civils bruxellois.

Le 3 septembre 1944, les troupes britanniques suivies des Belges de la brigade Piron franchissent les portes de Bruxelles. Le lendemain, les Allemands ont quitté la ville. Depuis Londres, « Radio Belgique » annonce la libération de la capitale aux Belges. Depuis 1945, le visage de Bruxelles a bien changé. Il garde cependant les traces de cette période sombre.

 

En mémoire des juifs

A Bruxelles, les témoignages en mémoire des juifs de la Shoah ne manquent pas. A commencer par les « pavés de mémoire », les stolpersteine. Le concept créé par l’artiste berlinois Gunter Demnig consiste a placé un pavé commémoratif devant le dernier domicile des victimes juives. Ce pavé est surmonté d’une plaque de laiton qui indique le nom du martyr, sa date de naissance et son lieu de mort. A Bruxelles, 70 pavés de ce genre ont déjà été posés et une quarantaine de plus sont attendus pour octobre prochain.

A Anderlecht, à l’angle de la rue Emile Carpentier et de la rue des Goujons, est érigé le Mémorial National aux Martyrs Juifs de Belgique. Sur les murs, sont gravés les noms des 23 838 juifs belges déportés à Malines entre le 4 août 1942 et le 31 juillet 1944. Rue de Lenglentier, une plaque commémorative se souvient des Juifs du quartier des Marolles victimes du nazisme et du racisme.

Siège de la Gestapo à l'avenue Louise

Vous êtes passés 100 fois devant ces maisons de l’avenue Louise sans connaître leur histoire. Et pourtant, le passé enfoui dans ces caves est sombre. En effet, le siège de la Gestapo, la police secrète politique nazie, était au 453 de l'avenue Louise, à deux pas de l'abbaye de la Cambre. Dans les caves du bâtiment, transiteront de nombreux Juifs et résistants torturés jusqu’à ce que mort s’en suive. Les murs des sous-sols sont marqués par des messages, des adieux et des signatures de prisonniers.

Le repaire de la Gestapo fut même la proie de la mitraille alliée lors d'un raid de la RAF, la force aérienne britannique. Le baron Jean de Selys Longchamps, à bord de son Hawker Typhoon, un matin de janvier 1943, vint déverser le feu vengeur de son appareil sur le sinistre bâtiment. Un héros de la nation dont l'exploit est commémoré par un monument en face du même immeuble. Depuis le mois de janvier 2014, les lieux sont classées.

L’Enclos des Fusillés

A Schaerbeek, l’Enclos des Fusillés est un petit cimetière où reposent les corps de 365 héros de la résistance belge des deux guerres mondiales. L'endroit était à l’origine une zone où s’entraînaient les unités militaires en garnison à Bruxelles, le dénommé Tir national (désormais site de la RTBF et VRT). Durant la Seconde Guerre mondiale, 261 résistants y furent fusillés par les nazis. À la fin du conflit, la prairie où étaient ensevelis les corps fut transformée en lieu de mémoire, l'Enclos des Fusillés.

L’enterrement d’Hitler dans les Marolles

Le 10 septembre, les Marolliens enterrent la guerre à leur façon. Les habitants du quartier organisent en grande pompe et devant une foule incroyable : le faux enterrement d’Hitler. Une grande fête que les Bruxellois se remémorent à chaque fois qu’ils passent devant la plaque commémorative des funérailles située rue de la Prévoyance.
 

Les noms de nos rues

De nombreuses rues de Bruxelles ont été rebaptisées après la guerre en l’honneur des personnalités qui ont marqué le conflit. C’est le cas de la place des Chasseurs Ardennais, de l’avenue Brigade Piron, de la rue Général MacArthur (ancienne rue du Japon), de l’avenue Winston Churchill (ancienne avenue Longchamps) ou encore de l’avenue Franklin Roosevelt (ancienne avenue des Nations)…

Peut-être ignorez-vous que le square Montgomery et la statue qui s’y trouve rendent hommage à la mémoire du Maréchal Bernard Montgomery. Le 3 septembre, les chars blindés du Général britannique avancent jusque Bruxelles et, avec l’aide des forces de la brigade belge du colonel Piron, libèrent la ville. Au coeur du campus du Solbosch, l'Université Libre de Bruxelles se souvient du Groupe G. Un square avec en son centre un monument entretient la mémoire de ce groupe de résistants issus de l'alma mater bruxelloise.
 

[(c) ULB - Photo : Michel Vanden Eeckhoudt] 

Après le Général Montgomery, une autre figure majeure des forces alliées rejoint la capitale. Le Général Eisenhower, commandant en chef des forces alliées en Europe, est de passage à Schaerbeek où il est fait citoyen d’honneur. Il assistera plus tard à l’inauguration de l’avenue qui porte son nom. Une plaque commémorative lui rend hommage.

La coupole du Palais de Justice

A l’arrivée des Alliés à Bruxelles, les Allemands fuient la capitale en mettant le feu à la coupole du Palais de Justice où se trouvent une série de documents à détruire au plus vite. Le sommet de l’immense bâtiment n’y résiste pas et s’écrase au sol. Après la guerre, l’architecte Storrer prend en charge les restaurations du dôme qui acquiert sa silhouette actuelle en 1948. Le sommet de l'édifice gagne 2m50 de hauteur et la coupole obtient la forme bombée qu'on lui connait aujourd'hui.
 

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