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Brux-ELLES ! Quelques Bruxelloises remarquables!

Frédéric Solvel. Bruxelles typique

06 Mar 2015, 14:03 Last Updated: 22 Jun 2020, 11:06

Au fil des siècles, Bruxelles a vu défiler quelques femmes remarquables. Religieuses, résistantes, féministes ou encore artistes, elles ont toutes marqué l’histoire à leur façon.

Voyageons ensemble à travers les époques à la découverte du destin de quelques unes de ces personnalités féminines bruxelloises.

Au moins une sainte!

Combien de fois avons-nous prononcé le prénom de Gudule sans en connaître l'histoire. Sainte patronne de Bruxelles, elle veille depuis des siècles sur la ville et ses habitants aux côtés de l'archange Michel. Si, contrairement à la cathédrale qui porte son nom, elle reste relativement peu connue, Gudule n'en reste pas moins une figure légendaire de la ville. Au 8e siècle, les reliques de la sainte furent placées dans le premier lieu de culte de Bruxelles et contribuèrent au rayonnement de la ville naissante. Découvrez tout le portrait de l'unique sainte bruxelloise, en attendant, peut-être, que Soeur Emmanuelle la rejoigne au Panthéon de l'église Catholique.

De vraies dures à cuire…

Alors que la Première Guerre Mondiale bat son plein, Bruxelles verra éclore le courage de nombreux résistants. Parmi eux, deux femmes marqueront les esprits. Deux infirmières, Edith Cavell et Gabrielle Petit, contribuèrent à l’effort de guerre au prix de leurs vies. La première est britannique. Au début de la guerre, Edith déploie de nombreux efforts pour aider plus d’une centaine de soldats alliés à quitter la Belgique occupée pour les Pays-Bas. La seconde est belge. Pendant le conflit, Gabrielle informe sans cesse les Etats-majors alliés. Soupçonnée par l’occupant, elle n’hésite pas à changer de nom pour continuer ses activités.

Ce duo de femmes combatives bercées par l’idéal de la liberté, seront toutes deux exécutées pour leurs actes de résistance. Un hôpital ucclois porte aujourd’hui le nom d’Edith Cavell alors qu'une statue de Gabrielle Petit trône sur la place Saint Jean entre le Sablon et la Grand Place.

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Quelques féministes dans les rangs bruxellois 

Certaines femmes bruxelloises ont radicalement changé l’avenir de leurs compatriotes. Marie Popelin et Isala Van Diest sont les premières femmes à exercer leurs professions respectives en Belgique. L’une est juriste, l’autre est médecin. Marie se voit refuser l’accès au barreau de Bruxelles une fois ses études achevées. L'Affaire Popelin fait du bruit et va avoir un impact important sur la conscience publique concernant la question féministe. Marie se battra pour l’égalité homme-femme ainsi que pour le droit des femmes à exercer le métier d’avocat. Isala, première femme universitaire de Belgique, étudie la médecine en Suisse. De retour au pays, elle devient la première femme médecin de Belgique et ouvrira son propre cabinet à Bruxelles. Sa clientèle est d'ordinaire plutôt aisée mais ça ne l‘empêche en rien de soigner les pensionnaires d’un refuge pour anciennes prostituées et de lutter contre la traite des femmes et la prostitution.

Ces deux femmes remarquables et féministes fonderont ensemble la Ligue belge du droit des femmes en 1892. Quelques années plus tard, Marie Popelin réunira les groupuscules féministes belges en une seule et même organisation : le Conseil National des Femmes belges.

Louise Van den Plas est également une féministe bruxelloise engagée. Durant la première guerre mondiale, elle fondera, avec Jane Brigode, le premier mouvement féministe chrétien de Belgique : l’Union patriotique des femmes Belges. Une autre bruxelloise sort du lot … Isabelle Gatti de Gamond. En 1864, elle ouvre le premier Cours d'Education pour jeunes filles à la rue du Marais à Bruxelles. Féministe, elle se battra toute sa vie pour le droit politique de la femme et pour le suffrage universel.

Les Bruxelloises à travers le monde

Certaines Bruxelloises d'origine ou de naissance se sont épanouies hors de nos frontières. Audrey Hepburn, née à Ixelles en 1929, fut une étoile d’Hollywood. On la connait notamment pour ses nombreux films tels que Diamant sur canapé, My Fair Lady ou encore Guerre et paix. Mais Audrey ne se contente pas d’être une starlette hollywoodienne. Le cœur sur la main, elle est active au sein d’organismes humanitaires comme UNICEF dont elle sera l’ambassadrice. A sa mort, elle laisse derrière elle le Audrey Hepburn Children’s Fund.

Loin du grand écran mais dans un décor bien réel, Sœur Emmanuelle est une missionnaire de Dieu. Née à Bruxelles en 1908, celle qui s'est construite dans les bidonvilles du Caire est aussi connue sous le nom de petite sœur des chiffonniers. Sa silhouette restera à jamais gravée dans les mémoires: sa tunique mi-cache-poussière mi-bure, son fichu, ses baskets et son tutoiement sans distinction. Sa philosophie est universelle : Crois en ton dynamisme, incarne ton idéal à l’endroit même où tu vis.

Soeur Emmanuelle 5

Hollywood Walk of Fame pour Audrey et une possible béatification pour Sœur Emmanuelle. Ces deux bruxelloises trouveront facilement leurs places parmi les étoiles.

Elles se sont donné rendez-vous à Bruxelles

Mis à part la célèbre résistante Edith Cavell, d’autres femmes se sont posées dans notre jolie capitale. Parmi elles, la cantatrice Maria-Felicia Garcia, plus connue sous le nom de La Malibran. D'origine espagnole et dotée d’une voix de diva, la cantatrice parcourt le monde lors de ses nombreuses tournées. Elle tire son nom de son premier mariage avec le banquier Eugène Malibran mais c’est avec Charles-Auguste de Bériot, violoniste belge, qu’elle connaîtra le véritable amour. Un amour interrompu brusquement par une chute de cheval et entretenu par un imposant mausolée au cimetière de Laeken.

Cimetière de Laeken

Bruxelloises sur le devant de la scène

Aujourd'hui, les Bruxelloises s'épanouissent toujours sur scène: chanteuses, écrivaines, cinéastes ou mécènes... Qu'elles soient installées à Québec, Paris ou qu'elles soient restées fidèles à Bruxelles, Lara Fabian, Annie Cordy ou encore Maurane partagent le don particulier de nous faire fredonner et un lien indéfectible avec la capitale de l'Europe.

Quand le micro s'efface au profit de la plume, l’auteure à succès Amélie Nothomb prend place sous les feux des projecteurs. Cette femme de lettres nous régale d’un livre publié chaque année depuis ses débuts en 1992. Fille de diplomate, elle vivra dans de multiples pays dont le Japon qui inspirera son œuvre Stupeur et tremblements, adaptée au cinéma.

Du côté du 7e art, il est une réalisatrice bruxelloise qui a réussi à se faire une place sous le soleil new-yorkais. Avec son film 23, Quai du Commerce, 1080 Bruxelles connu pour être son plus grand chef-d’œuvre, Chantal Akerman obtient la reconnaissance internationale. Elle enseigne désormais à la city university of New York.

Au siècle dernier, Alice Van Buuren et son mari David sont reconnus pour être de généreux mécènes. Leur maison bruxelloise dans laquelle ils entreposaient leurs différentes collections s'est aujourd'hui muées en un musée accessible au public, musée Van Buuren. L’intérieur de type Art déco fait de cette bâtisse un véritable joyau de la ville de Bruxelles.

Jeanneke la Bruselleir

Cette statue bruxelloise cachée au fond de l’impasse de la fidélité est inaugurée en 1987 à l’initiative d’une association de lutte contre le cancer. Même si elle se fait plus discrète que son pendant masculin, Jeanneke-pis n'en mérite pas moins le détour. Depuis la fin des années 80, les brusseleirs hommes et femmes sont donc égaux face au pipi!

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