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Tarantino

BrusselsLife Team.

05 Jul 2012, 05:07 Last Updated: 17 Jul 2017, 13:07

Arrivé à l'âge de 10 ans en Belgique, Gaëtan Tarantino commence à graffer dès 1992. Aujourd'hui artiste reconnu et respecté, le graffeur a définitivement basculé dans le légal et laissé derrière lui son côté obscur. Depuis quelques années, il contribue activement à promouvoir le graff à Bruxelles.

Né sous le soleil du sud de la France, Gaëtan quitte son pastis natal et débarque à Bruxelles en 1985. Quelques années plus tard, inspiré par ces signatures qu'il aperçoit partout sur les murs de la ville, il entame son parcours comme la plupart des graffeurs débutants en « writant ». C'est-à-dire en apposant sa signature sous forme de tags partout dans la ville. Ensuite, il s'attaque à des lettrages davantage colorés et de plus en plus grands jusqu'aux fresques. S'en suit une condamnation à un an de prison et à quelques millions de francs belges d'amendes. Il est finalement sorti d'affaire grâce la mobilisation d'une association doublée d'une grâce royale. Mais la sentence fait l'effet d'une claque chez Tarantino! Désormais, il utilise l'expérience acquise dans la rue pour des projets à caractère légal. Depuis lors, il ne se limite plus uniquement à l'espace urbain et s'exprime aussi sur toiles et miroirs. En 2004, il fonde l'asbl Tarantino, une association regroupant une trentaine de graffeurs de toute l'Europe qui organise des événements artistiques et socioculturels destinés à promouvoir l'art urbain et le graffiti.

Du graff subventionné ?

Depuis octobre 2011, à l'angle des rues des Alexiens et du Poinçon, trône une fresque géante de 25m de haut et 5 de large réalisée par Gaëtan Tarantino. À la base de cette initiative, un acteur des plus inattendu : la Ville de Bruxelles! En parallèle du parcours BD et dans la cadre du contrat de quartier Rouppe, la Ville a décidé de créer à travers ses rues un parcours de fresques contemporaines composé de graffitis et d'autres oeuvres de style contemporain. Cependant, malgré son caractère on ne peut plus légal, la fresque garde un statut temporaire. En effet, l'IHECS situé en face, va récupérer ce terrain pour s'agrandir. Conséquence directe de cette situation: la ville a opté pour un projet au budget minimal compte tenu du caractère éphémère du lieu. Car lors de la conception initiale du projet, il était question d'une cascade verte, réalisation beaucoup plus onéreuse. Le choix du graff résulte donc d'une contrainte budgétaire et surtout d'ici 4 à 5 ans, l'oeuvre de Tarantino pourrait disparaître à l'image de tous ces graffs illégaux toujours voués à l'effacement. Malgré tout, le projet contribue à ancrer un peu plus encore le graffiti comme élément indispensable de l'espace urbain. Loin d'être un bleu, Tarantino en a déjà vu de toutes les couleurs avec son asbl! La preuve... dans le cadre de la première édition du Brussel's Graffiti en 2006, c'est le MABRU (Marché matinal de Bruxelles) qui confia une de ses halles à la bombe des graffeurs. Pour l'édition 2007 et 2008, l'asbl a réalisé la plus grande fresque murale de Belgique à la station « De Wand », ce ne sont pas moins de 5000m², dont 1000 pour la fresque, qui ont été revisités par une trentaine d'artistes de Belgique, de France, des Pays-Bas et de Grande-Bretagne. La réputation du graff s'améliore et de plus en plus d'espaces publics lui sont consacrés. On pourrait même admettre l'apparition d'une certaine politique de développement d'un graff « encadré ». Orchestrée par les pouvoirs publics, cette politique pourrait-elle nuire à la nature-même du graff? Quoi qu'on en dise, les projets restent cependant très ponctuels et n'étancheront jamais la soif de béton des graffeurs. Finalement peu importe le nombre de murs que l'on donnera, le graff demeura un art qui naît et subsiste dans l'illégalité.Kriss Gutierrez Cuervo

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