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Un projet complètement fou de Denis Meyers

Pierre Chaudoir.

22 Apr 2016, 17:04 Last Updated: 26 Feb 2018, 14:02

Le bâtiment Solvay, c'est un projet d'envergure colossale, démesuré. Le projet pharaonique "Remembre Souvenir" ne connaît pas d'équivalent en Europe. Imaginé et réalisé par un artiste dingue : Denis Meyers.

Un projet complètement fou de Denis Meyers
Un projet complètement fou de Denis Meyers

Denis Meyers, né en 1979 à Tournai, vit et travaille à Bruxelles. Artiste urbain et multiple, il est connu pour ses fresques ou pour ses stickers en forme de visage (il les appelle ses "perso"), imprimés et découpés à la main puis disséminés dans toute la ville ou ailleurs. Il se revendique typographe, une formation qu'il a suivie à l'École Nationale Supérieure des Arts Visuels de la Cambre mais qu'il tient aussi de son grand-père, Lucien De Roeck (1915-2002) qui a entre autres créé l'emblème et l'affiche de l'Expo Universelle de 1958. C'est avec lui qu'il a commencé à écrire et dessiner tous les jours.

Un artiste atypique 

Denis Meyers signe une collection de sweats et t-shirts pour la collection printemps-été 2016 de la marque Bellerose. Auparavant, il a aussi collaboré à des projets caritatifs (Plate-Forme Prévention Sida, Make-A-Wish, ...) et peint sur de nombreux supports : planches de skate, cadres de vélo, verres à bière pour Duvel ou encore des live paintings lors d'événéments phares. L'artiste urbain Denis Meyers s'est trouvé un terrain de jeu surdimensionné : l'ancien siège de la firme Solvay à Bruxelles.

Près de 50.000 m2 au total sur huit niveaux, dont certains en sous-sol. Avec la complicité des actuels propriétaires des lieux, l'artiste investit ces mètres carrés dans l'idée d'en faire une oeuvre totale, gigantesque, imposante, ... Hors du commun ! Et éphémère, puisque la destruction et la transformation du bâtiment Solvay en appartements de standing commenceront mi-mai. Denis Meyers peint les murs, les portes, les fenêtres, la façade, le toit, ... Il empile les mots, il décharge les souvenirs. Il fait couler les phrases, des centaines de phrases, des milliers de phrases, qu'il écrit à la bombe. Il tire les portraits à la bombe encore. Plus de 1.500 bombes de peinture noire utilisées pour l'instant dans cette oeuvre qui n'en finit pas. Ce sont quelques 150 carnets de dessin, accumulés depuis vingt ans, qui servent de point de départ à l'habillage quasi cathartique du lieu. Il en reprend des extraits parce que c'est une matière qui lui tient à coeur. Pour en savoir plus : http://www.remember-souvenir.me