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BOUCHE À OREILLE 2.0 Womer, l’appli de conso éco-responsable à l’heure du Black Friday

Womer, l’appli de conso éco-responsable à l’heure du Black Friday

Une application qui vous permet de faire la connaissance des adresses éco-responsables dans votre quartier et de profiter de leurs bons plans via un système de parrain-filleul, avec Womer, le Green Friday est en marche !

En cette ère ultra-consumériste de Black Friday et d’actions marketing en tout genre, la réaction pour un autre type de consommation s’organise et se concrétise. Car oui, pour beaucoup, “trop is te veel” comme on dit en Belgique. Le Black Friday, énième symptôme de la surconsommation, est fort critiqué de par le monde, on lui oppose même un antagoniste : le “Green Friday” (ou aussi le “Local Friday” dans certains cas). Ce dernier appelle à un jour sans consommation : s’occuper de soi et des autres, faire des activités alternatives (réparer, tricoter, cuisiner, jardiner…) ou, au minimum, acheter local et “vert” (zéro déchet, etc.). En savoir plus sur les Black et Green Friday, lisez notre article.

C’est dans cette mouvance durable et locale que s’inscrit l’application Womer. Son concept ? Rapprocher les commerces éco-responsables de potentiels clients consomm’acteurs à la recherche de bonnes adresses et de bons plans à Bruxelles et par-delà le plat pays via le bouche à oreille 2.0 (“word of mouth” en anglais, WOM-er). Son objectif ? Recréer de l’interaction sociale autour d’une consommation responsable pour influencer les habitudes commerciales. Une tentative innovante dans notre monde actuel du “je consomme donc je suis”.

A cette occasion, Brusselslife a rencontre Alaric Bouvy, l’un des deux dynamiques co-fondateurs de Womer. Entretien.

Brusselslife : une appli où partager ses adresses et bons plans éco-responsables avec ses amis, Womer, comment ça marche ?

Alaric Bouvy : si vous ouvrez l'application, vous verrez alors (presque) toutes les adresses éco-responsables à Bruxelles ! Il se peut bien-sûr qu'il en manque, les commerçants sont invités à nous contacter pour ajouter leurs établissements. Le but est d'encourager les clients à les recommander à leurs amis, via un concept de "parrain-filleul" avec un système de QR code unique pour chaque recommandation. Le filleul est invité à scanner son QR code au comptoir, après ses achats, pour recevoir un cadeau de bienvenue. C'est en scannant le QR code que l'on peut savoir qui est le parrain et le filleul chez le commerce en question. Ainsi, les parrains peuvent accumuler des points à échanger dans ce même commerce contre d'intéressants avantages.

BL : Bruxelles et la Belgique manquaient d’un outil capable de mettre en avant les commerces éco-responsables ? Êtes-vous présents sur l'entièreté du royaume ?

AB : Il manquait aux commerces physiques en général un outil simple pour organiser un système de parrainage, contrairement aux e-commerces. Nous avons donc choisi de nous concentrer sur les seuls commerces éco-responsables. Cela nous motive d'autant plus car cela fait également écho à nos valeurs et à l'urgence actuelle. Pour le moment, il s'agit de tester le concept en grandeur nature et pour des raisons pratiques, on a choisi Bruxelles. Mais, bien sûr, si le test est concluant nous sommes évidemment voués à nous étendre à d'autres grandes villes belges.

BL : d’où vous est venu cette idée de baser votre appli sur le bouche à oreille ? Les applications et le web 2.0 sont-ils le bouche à oreille des temps modernes ? 

AB : Quand on interroge les commerçants, ceux-ci disent en majorité que le bon vieux bouche à oreille est leur vecteur marketing principal. On voulait partir de cet aspect positif pour améliorer leur visibilité sur l'internet mobile. En effet, c'est le moyen le plus utilisé maintenant pour faire ses recherches avant de se rendre au point de vente le plus proche grâce à la géolocalisation. Les applications et le web 2.0 apportent un avantage considérable aux entreprises car elles permettent aussi de tirer des statistiques sur base desquelles elles peuvent prendre des décisions mieux informées qu'auparavant. Pourquoi les commerces physiques ne pourraient-ils pas aussi en profiter ?

BL : comment se crée la relation de confiance entre les utilisateurs, les avis partagés et les commerçants ? Y a-t-il des filtres pour les avis trop critiques voire négatifs ?

AB : avec Womer, on ne lit pas des avis d'inconnus, on favorise la recommandation directe de la part d'utilisateurs que l'on connait. La relation de confiance est donc automatique et le commerçant a confiance dans notre système qui n'attribue les points que lorsque la recommandation s'est soldée par un acte d'achat dans leur point de vente. Cela se limite à ça, on ne donne pas la possibilité de donner un avis sur les commerces.


BL : côté business, combien de commerces peut-on retrouver sur Womer ? Et combien d'utilisateurs ? 

AB : à l'heure actuelle, on liste une quarantaine de commerces dont une dizaine propose des avantages et promos. Côté utilisateurs, comme on se lance cette semaine, à l'heure d'écrire ces lignes nous n'avons pas de chiffres significatifs à communiquer.

BL : vous dites que les commerçants peuvent développer leur clientèle et fidéliser leur clientèle, comment ça marche ? Comment convaincre un commerçant de rejoindre l’aventure Womer ?

AB : Womer offre gratuitement un outil aux commerçants pour transformer facilement leurs clients en véritables ambassadeurs. Ceux-ci encourageront leurs amis à venir faire leurs achats dans leur commerce et le tout sera amplifié par le fameux "effet de réseau" qui a été popularisé par les réseaux sociaux. Sauf qu'avec Womer, on ne gagne pas des likes sur une page mais de vrais nouveaux clients. Le commerçant doit juste bien réfléchir aux avantages et promotions qu'il peut se permettre d'offrir pour que cela fonctionne.

BL : raconter nous un peu votre histoire ? Quand et comment a commencé Womer ? Qui sont vos associés dans l’affaire ?

AB : l'idée a germé en septembre 2015, j'avais alors participé à des hackathons et je m'étais formé en gestion commerciale en horaire décalé. En cours de route, j'ai rencontré Alexis Bronchart, c'est le développeur de l'application. Lui aussi continue à travailler à temps plein comme employé. Bien que cela ralentit le développement du projet, cela nous permet de limiter un maximum les frais et de rester indépendant d'investisseurs qui n'auraient pas les mêmes intérêts.

BL : pourquoi ce choix des seuls commerces éco-responsables ? Womer se veut une application engagée et citoyenne ? Vous voulez changer la façon de commercer ?

AB : comme évoqué plus haut, nous pensons qu'il y a urgence à s'engager dans une économie plus respectueuse de notre environnement. On pense que cela ne va pas assez vite, qu'il faut accélérer la transition dès maintenant. Pour qu'une telle accélération s'opère à grande échelle cela doit venir de la base. Womer offre le moyen à quiconque d'influencer positivement son entourage à tester des commerces engagés dans cette transition. Pas en partageant des articles sur les réseaux qui peuvent parfois être mal perçus mais de façon un peu plus concrète en leur envoyant un vrai cadeau s'ils font l'effort de changer leurs habitudes de consommation.

BL : à l’aube du Black Friday, à l’ère du “j’achète/je jette” sur internet ou dans les grandes chaînes de magasins, votre concept ne fait-il pas défaut ? Womer se veut un rempart face à cela ? Pour plus d’humanisme dans nos relations à autrui ? 

AB : justement, nous pensons qu'on peut détourner des actions comme le "Black Friday" pour faire entendre notre message. C'est pourquoi nous invitons les commerçants à faire le "Green Friday" en Belgique, à l'instar de ce mouvement né en France. Si vous faites un tour sur notre page Facebook, récemment nous avons partager le post de deux commerces éco-responsables bruxellois en grande difficulté financière qui ont besoin de renflouer leurs caisses avant la fin de l'année sous peine de mettre la clef sous la porte. C'est là notre raison d'être, faire en sorte que cela n'arrive pas. Cela résume bien ce que se veut être Womer, authentique et engagé.

 

Crédits photos : Womer.

 

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