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Bruxelles médiévale : retour aux sources

Olivia Regout.

20 Feb 2014, 16:02 Last Updated: 04 Apr 2018, 15:04

Remplissez votre gourdasse. Aujourd’hui, nous allons vous embarquer dans un voyage dans le temps à la découverte de la Bruxelles d’autrefois.

A quoi ressemblait notre capitale au Moyen Âge ? Que reste-t-il de ces traces du passé ? Des anciennes portes de la ville aux ruines du rempart sans oublier les vestiges archéologiques du Palais de Charles Quint… Jouvenceaux et jouvencelles, bien vaigniez !

Je vous parle d’un temps où Bruxelles tenait dans un mouchoir de poche, où la ville était entourée de remparts infranchissables et où les arbalétriers décochaient leurs flèches pour défendre notre terre.

 

Première et seconde enceintes

Enfonçons-nous dans le 13e siècle, à l’époque des Ducs de Brabant. Bruxelles compte entre 5 et 10.000 habitants et commence à avoir assez d’influence pour susciter la convoitise d’ennemis. Elle doit se doter d’une enceinte de toute urgence.

Une première muraille est donc érigée à une hauteur de 7m et sur 4 km tout autour de la ville. Les murs sont épais, 2m30. Seules 7 portes permettent d’accéder à la ville. Du haut des 50 tours de la fortification, les soldats surveillent la campagne, prêts à riposter contre une éventuelle agression.

A quoi ressemble Bruxelles à cette époque ? La vie se concentre autour de trois pôles : L’île Saint Géry et son port marchand, le château de Coudenberg et la collégiale des Saints Michel et Gudule.

Très vite les remparts ne peuvent plus contenir cette ville qui ne cesse de se développer. Il faut protéger les faubourgs hors des murs de la première enceinte. Une seconde muraille de 8 km est construite un siècle plus tard. Elle suit le tracé des frontières du Pentagone, autrement dit elle correspond à la petite ceinture actuelle.

Une fois encore, 7 portes permettent l’accès à la ville. Chaque porte de la première enceinte mène à une porte de la seconde enceinte par l’une des routes que l’on connait encore aujourd’hui… La Porte de Coudenberg mène à la porte de Namur via la rue de Namur. La Steenpoort mène à la Porte de Hal en suivant le tracé de la Rue Haute. La Porte de Sainte Gudule mène à la Porte de Louvain en suivant la rue de Louvain…

A la tombée de la nuit, Bruxelles fermait ses portes. Les cloches retentissaient pour annoncer leur fermeture. Pas de chance pour les retardataires, ils devaient passer la nuit dehors.

 

Palais de Coudenberg

Le Palais du Coudenberg constitue l’un des vestiges incontournables du Moyen Âge. Pour y accéder, il fallait grimper au sommet de la colline du Coudenberg aujourd’hui appelée Mont des Arts. Dès le 11e siècle, les Comtes Flandres construisent sur ces hauteurs un château qui pendant 600 ans n’aura de cesse de s’agrandir et de s’embellir. Les Ducs de Brabant, puis de Bourgogne suivis de Charles Quint et des Archiducs Albert et Isabelle en feront leur résidence principale. En 1731, le Palais disparaît dans les flammes…

 

Vestiges du passé dans la ville

Si le temps est venu à bout de ces deux enceintes historiques, du Palais de Coudenberg et de tout le reste de la ville médiévale, quelques vestiges du passé se cachent encore dans la ville.

Des restes de la 1ère enceinte

La Tour Anneessens se trouve au pied du Sablon, le long du Boulevard de l’Empereur. C’est depuis cette tour que les soldats défendaient la rue Haute. Cette partie de l’enceinte, très bien conservée, montre plusieurs archères. Ces fenêtres très étroites et allongées qui permettaient de tirer à l’arc ou à l’arbalète sans être touché en retour.

Engouffrez-vous rue de Villers, à côté de la Place de Dinant, pour découvrir le mur et la Tour de Villers aussi appelée Tour Saint-Jacques. Assoyez-vous sur un banc et rêvassez au temps passé.

Derrière Sainte-Catherine, encastrée au beau milieu de la nouvelle construction du Novotel se trouve la Tour Noire. Sauvée in extremis de la destruction par le bourgmestre Charles Buls, cette petite tour se dresse, hors du temps en plein milieu de la ville.

Tour Noire - Bruxelles

De nombreux vestiges se cachent encore dans les habitations privées de Bruxelles. C’est le cas notamment de la Tour du Pléban et de la partie de l’enceinte menant à la Porte du Treurenberg qui se situe derrière la cathédrale Saints Michel et Gudule. Parfaitement conservées, elles se trouvent dans les jardins des maisons de la rue du Bois Sauvage et notamment celui du doyen. Le Palais des Beaux Arts abrite également une tour mais elle n'est visible qu'à de rares occasions...

Des restes de la 2e enceinte

L’un des seuls vestiges conservés de cette deuxième enceinte est la Porte de Hal. La façade arrondie est restée quasiment inchangée depuis la construction du bâtiment au 14e siècle. Son style néogothique actuel est dû à l’architecte Henry Beyaert qui transforma la façade côté rue Haute et le sommet du bâtiment en 1868-1870. Aujourd’hui, transformée en Musée, elle est accessible au public. Vous y découvrirez des collections permanentes consacrées à la vie à Bruxelles pendant le Moyen Âge.

Outre la Porte de Hal, il ne reste pas d’autres vestiges de la seconde enceinte de Bruxelles. Si ce n’est un tout petit bout de rempart reconstitué à la station Hôtel des Monnaies et mis au jour lors des travaux du métro en 1982.

Métro Hôtel des Monnaies - Munthof

Dans les souterrains du Palais de Coudenberg

Ravagé par un incendie en 1731, il ne reste rien du Palais de Coudenberg qui a été remplacé par le Palais Royal construit en 1780 sur ses ruines. Vraiment rien ? Pas tout à fait… Les sous-sols de la Place Royale cachent encore des vestiges archéologiques du Coudenberg.

Aujourd’hui, vous pouvez descendre six pieds sous terre pour une petite visite guidée. Vous découvrirez notamment les caves du corps de logis du château, les cuisines… Et surtout la célèbre salle d'apparat « Aula Magna » où Charles Quint fût déclaré roi à 15 ans et où, 40 ans plus tard, il abdiqua.

Bruxella 1238

En 1238, un couvent franciscain des Récollets s'installe en bord de Senne, juste à côté de l'église Saint Nicolas. Mis au jour lors de travaux de rénovation de la Bourse de Bruxelles en 1988, les ruines ont révélé leurs trésors. C'est notamment sur ce site archéologique que se trouve le tombeau du Duc Jean Ier de Brabant, mort en 1294.

Eglise Saint-Nicolas

L’église Saint-Nicolas est l’une des 4 premières églises bruxelloises. Si elle n’existe plus complètement dans sa version initiale de style roman datant du 11e siècle, le chœur de l'église existe toujours dans sa version de 1381.

A l'arrière de l'église on peut voir encore un boulet de canon au dessus du portail datant du bombardement de 1695.

 

Quand le Moyen Âge renaît de ses cendres

Alors que les ruines de Bruxelles sommeillent dans les sous-sols de la capitale, une fois par an, la ville médiévale renaît de ses cendres. L'Ommegang met Charles Quint à l'honneur dans le cadre de spectacles et de reconstitutions. Accompagné d'archers, d'arbalétriers, d'escrimeurs, de chevaliers, l'Empereur fera sa Joyeuse Entrée.

Durant 3 jours, découvrez l'un des plus vieux vestiges du patrimoine immatériel bruxellois : des joutes équestres, des fauconniers, des concours de tir à l'arbalète... Un véritable village médiévale

Bruxelles typique