Le carillon du Mont des Arts retrouve son Jacquemart

Ils avaient disparu pour réparation. Aujourd’hui, le jacquemart et son bourdon sont de retour au sommet du Palais de la Dynastie pour enclencher tous les quarts d’heure l’immense machinerie du carillon du Mont des Arts. Une occasion d’explorer de plus près l’ensemble de la structure, ses personnages, ses cloches et leurs significations…

Créé le 27/10/2014 - Dernière mise à jour le 27/10/2015

Vous êtes passé de nombreuses fois devant sans avoir entendu ne serait-ce qu’un petit tintinnabulement. Et pour cause, le carillon du Monts des Arts avait cessé de fonctionner pour cause de vandalisme. Le mécanisme avait été abîmé et des pièces avaient été volées. Après de longs mois de travaux, tout est enfin rentré dans l’ordre au Palais de la Dynastie. Le carillon sonne à nouveau. Quant au Jacquemart et son bourdon, ils règnent à nouveau en maître sur le Mont des Arts.

Découvrons de plus près ce carillon conçu en 1964 par l'architecte belge Jules Ghobert dans le cadre de l'aménagement du Mont des Arts.

Le Jacquemart et son bourdon

Si vous n’avez jamais entendu parler de Jacquemart ni de bourdon, voici de quoi il en retourne. Le Jacquemart est un automate de bronze de 2,80 mètres de haut qui représente un bourgeois de Bruxelles coiffé d'un haut-de-forme. Cette sculpture est signée Henri Albada. Le bourdon est la cloche de 1750 kg au son grave qui l’accompagne. Tous deux sont juchés au sommet du carillon du Mont des Arts. Après plusieurs mois d’absence, ils viennent d’être restaurés et replacés sur leur piédestal.

Douze figurines

Sur l’horloge en forme d’étoile, chaque heure est représentée par une figurine peinte et chaque figurine correspond à un personnage de l’histoire de Bruxelles. Dans le sens des aiguilles et dans l’ordre chronologique, vous pouvez observer : un gaulois, Godefroid de Bouillon, Jan Van Artvevelde, Philippe Le Bon, Charles Quint, Pierre Paul Rubens, le Comte d’Egmont, le combattant de 1790, Charlier à la Jambe de Bois, le joueur de tam-tam, le soldat de 14-18 et l’ouvrier.

  • Le Gaulois
  • Godefroid de Bouillon, 11e siècle, duc de Basse-Lotharingie (Limbourg et Brabant)
  • Jacques Van Artvevelde, 13e-14e siècles, et symbole de la résistance nationale à l’étranger
  • Philippe Le Bon, duc de Brabant au 15e siècle. Il réside au Coudenberg
  • Charles Quint, 16e siècle
  • Pierre Paul Rubens, peintre baroque flamands aux 16 e-17 e siècles
  • Le Comte d’Egmont, neveu de Charles Quint et homme d’état des anciens Pays-Bas. Il est décapité sur la Grand-Place de Bruxelles
  • Le combattant de 1790, révolution brabançonne contre les Pays-Bas autrichiens
  • Charlier à la Jambe de Bois, le liégeois Jean-Joseph Charlier joue une rôle centrale lors de la révolution belge de 1830.
  • Le joueur de tam-tam, référence à la colonie congolaise
  • Le soldat de 14-18
  • L’ouvrier

Auparavant, les personnages sortaient de leur niche chacun à leur heure. A midi et à minuit, lorsque le Jacquemart frappait douze coups sur son bourdon, ils se montraient tous les uns après les autres. Aujourd'hui, toutes ces figurines ont été ancrées dans le mur pour des raisons de stabilité. Seule résonnent encore les mélodies des cloches...

Les cloches et la mélodie

Les mélodies du carillon sont jouées par 24 cloches fondues par Paccard en 1964… Sous l’horloge, onze d’entre elles sont visibles. Neuf représentent les différentes provinces de Belgique et sont identifiables par leur blason gravé dans le bronze. Deux autres symbolisent les sciences et les arts.

Le reste des cloches seraient dissimulés à l’arrière des figurines.

Le carillon joue deux airs folkloriques. Le premier est wallon. Il s’agit d’un air de Grétry, « Où peut-on être mieux ». Le second est une mélodie flamande de Peter Benoit, « Beiaardlied ». D’une heure à l’autre, le carillon sonne l’une puis l’autre chanson.