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Qui es-tu Everard t’Serclaes ?

Frédéric Solvel.

13 Jun 2014, 08:06 Last Updated: 12 Feb 2015, 13:02

On y passe sa main, on le caresse avec tendresse sans vraiment savoir qui il est. Portrait d’Everard t’Serclaes, le citoyen bruxellois le plus sujet aux superstitions.

Nous sommes le 24 octobre 1356, la Guerre de succession du Brabant bat son plein, Everard t’Serclaes escalade l’enceinte de Bruxelles et, aidé des patriotes bruxellois, chasse les troupes flamandes hors de la ville. Au même titre que Montgomery, il peut donc être qualifié de libérateur de Bruxelles.

Everard t’Serclaes était membre des Lignages de Bruxelles, ces grandes familles qui ont dirigé Bruxelles au Moyen-Âge. Il fut cinq fois échevin de la ville. Ses fonctions l’amenèrent à défendre les droits de sa cité au risque de se faire des ennemis. C’est ainsi qu’en mars 1388 Sweder d’Adcoude, seigneur de Gaesbeek, envoya ses hommes pour agresser t’Serclaes… Agression qui lui coûta sa langue coupée nette et la vie quelques jours plus tard… Everard rendit son dernier souffle sur la Grand Place, dans la Maison de l’Etoile.

Le monument à Everard t’Serclaes

C’est dans la galerie percée sous la Maison de l’Etoile lors de sa reconstruction en 1897 que se trouve le monument à la mémoire de t’Serclaes. Inaugurée en 1902, la sculpture commandée par les autorités communales menées par Charles Buls, est l’œuvre de Julien Dillens.

 

 

Au premier plan, Everard t’Serclaes gît mourant. L’arrière-plan est constitué de trois bas-reliefs superposés représentant successivement la libération de Bruxelles, la joyeuse entrée de Jeanne et Wenceslas qui suivit et la destruction du château de Gaesbeek par les Bruxellois pour venger l’agression de t’Serclaes.

t’Serclaes et les superstitions

Aujourd’hui, les Bruxellois et les touristes de passage au coin de la Grand Place et de la rue Charles Buls ne manquent pas de laisser glisser la paume de leur main sur t’Serclaes. Il est de coutume d’y associer un vœu. Le plus honorable : souhaiter revenir à Bruxelles.

La croyance populaire s’est emparée du bras de la statue durant la Première Guerre mondiale. Les Bruxellois alors brimés par l’occupant, se souvenant de la Guerre de succession du Brabant, s’en remirent à la protection de t’Serclaes en lui touchant la main. La pratique a ensuite évolué au fil du temps pour arriver à une caresse appuyée de la tête aux pieds et les superstitions se sont développées à grande vitesse.

Pour vous porter chance, il est particulièrement recommandé de lui caresser la main droite. Si vous préférez une année de bonheur, passez votre main gauche depuis son front jusqu’à la tête du chien. Et pour réaliser un vœu, il vous faudra partir à la recherche des trois souris dans les guirlandes…

A condition de faire confiance à une copie pour réaliser vos vœux ! Aujourd’hui, c’est une réplique qui est offerte à la vénération des superstitieux tandis que l’arrière-plan est protégé par un panneau didactique en attendant sa rénovation attendue dans les prochains mois.

[En attendant...]

Retour de la statue

Depuis octobre 2011, la sculpture originale de Dillens a été enlevée pour être restaurée. Depuis, c’est une copie en résine, plusieurs fois vandalisée, qui recueille les nombreuses caresses journalières.

A terme, la statue restaurée trouvera une place de choix dans la salle Ogivale de l'Hôtel de Ville tandis qu'une seconde statue en métal sera fondue dans le moule originale de Dillens pour être replacée avec ses bas reliefs dans le passage de la Grand-Place.

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