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Sk8boarding

Rédaction BrusselsLife.be.

19 Dec 2011, 05:12 Last Updated: 26 Feb 2018, 15:02

Bien loin du cliché d'un skateur californien blond décoloré ridant cheveux au vent, le skate, pratiqué aujourd'hui dans le monde entier, existe depuis plus de 50 ans. Simple planche à roulette pour certains, il constitue un véritable mode de vie pour d'autres.

Surf and roll

Selon la légende, l'instant zéro du skate se situerait non loin des rouleaux des plages californiennes dans les 50'. Lors d'une journée sans vagues, des surfeurs mis au chômage technique par une mer plate décident de fixer des essieux de patins à roulettes sur une planche en bois rectangulaire. Accompagnés de leur curieuse bête, ils parcourent la ville à la recherche de plans inclinés et de formes semblables à la courbe d'une vague. Le skate est né! Très vite, cette nouvelle discipline rencontre beaucoup de succès.

50 millions de planches seront vendues mais dès 1965 certaines autorités locales américaines décident d'en interdire la pratique, trop dangereuse car les planches sont à l'origine d'énormément de blessures. C'est aussi à ce moment qu'on va apparaître le « freestyle » : chorégraphie sur fond musical constituée de figures réalisées sur une surface plane. Cette variante connaîtra d'ailleurs son âge d'or dans les 80' avant de devenir complètement has-been. Le skate prendra sa revanche dans les 70', avec l'apparition des roues en uréthane. Véritable révolution technique, elles permettent de repousser les limites de la pratique et surtout elles inaugurent le skate moderne. S'en suivront de nombreuses évolutions techniques: essieux en aluminium, planches en lamellé collé, ...

Skate or die

L'ère du skate actuel sera concrétisée par les membres du team californien Zephyr, les « Z-Boys » : Tony Alva, Jay Adams, et Stacy Peralta. Ils sont les premiers skateurs stars, à la une des journaux en pratiquant dans des piscines vides. Désormais la discipline ne se développe plus seulement sur une surface plane. En 1978, l'ultime grande révolution du skate s'opère grâce à Alan Gelfand. Il invente le « Ollie », figure qui permet de décoller la planche du sol sans la toucher. Avant lui, les « tricks » s'inspiraient principalement de ceux exécutés sur les rampes. Un style, une façon de rider va se démarquer du skate sur rampes, c'est la naissance du « street ». On peut dorénavant utiliser toutes les possibilités offertes par le mobilier urbain : murs, trottoir, banc, séparation, escaliers, barrières, glissière, ...

Le ollie a vraiment donné aux skateurs un moyen de s'approprier la ville. Le « street » permet donc de skater différemment et surtout offre l'opportunité à chaque skateur de s'exprimer quel que soit le lieu. Ils profitent aussi de ce renouveau pour s'éloigner définitivement de l'industrie du surf en créant de petits labels indépendants. Désormais, le skateboard n'est plus seulement une simple alternative au surf, il génère autour de sa pratique une culture à part entière.

Ride all day

Fin 70', des skate parks ont fleuri à travers tous les Etats-Unis. Cependant, à nouveau, des politiques communales interdisent totalement la discipline et les skate parks ferment les uns après les autres. Les skateurs survivants, très peu nombreux, forment alors une communauté soudée. C'est encore grâce aux avancées techniques que la pratique va renaître. Dès 1984, la culture skate se répand en Europe comme un virus. Le microbe virulent se nomme VHS. On se l'échange, on la copie et surtout on la visionne des dizaines et des dizaines des fois pour décortiquer, analyser un style, une figure, se l'approprier et y apporter sa propre touche.

Cet engouement pour les vidéos a participé notamment à l'expansion du skate et aussi à la réduction des décalages entre les pratiques américaines et européennes.Rejeté périodiquement par les foules, le skateboard apparaît toujours comme un sport décalé aux yeux de certains. Il cultive sa différence mais il désire pourtant depuis ses débuts être reconnu, c'est là tout le paradoxe qui entoure la pratique. En perpétuel mouvement, le skate ne cesse d'évoluer tout en conservant un état d'esprit initial caractérisé par la décontraction et l'auto-dérision.

Et en Belgique ?

Loin du ciel bleu et des vagues de la côte ouest américaine, ici c'est pluie, froid et mer du Nord. Ce qui ne nous a pas empêchés d'être présent sur la scène internationale notamment grâce à des skateurs comme Julian Dykmans, Hans Claessens ou Goeffrey Van Hove. De plus, pour les amateurs de vitesse, une autre variante du skate, le longboard, rencontre un certains succès ces dernières années... À Bruxelles, les spots extérieurs sont assez nombreux. Une ville où il faut bon skater toutefois si le temps le permet! Par contre pour les plus frileux, il est vrai qu'en Belgique on manque cruellement d'infrastructures permettant de skater tranquille (et au chaud) toute l'année. Kriss Gutierrez Cuervo

Blütcher Longboard Club Qui sont ces individus non identifiés se mouvant en toute aisance sur l'esplanade du Parlement Européen à l'heure où vous quittez le bureau? Nous les avons rencontrés pour vous... Le Blütcher Longboard Club, en plus de fédérer les pratiquants belges du longboard, organise de nombreux events, freerides, barbecs and many more!

Geoffrey Van Hove Très connu sur la scène européenne, Geoffrey Van Hove est un skateur made in Belgium. Avec déjà 20 ans d'expérience, il se lance et crée Homemade skateboards.

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