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Ces inconnus du métro

Ces inconnus du métro

Delacroix, Madou, Hankar, Louise...

Des milliers de personnes défilent chaque jour devant leurs noms écrits en grosses lettres rétro-éclairées par un néon blafard. Et pourtant, pour la plupart des utilisateurs de la STIB, ces personnages n'évoquent rien de plus qu'un arrêt sur leur itinéraire quotidien. Zoom sur ces inconnus du métro.

 

On ne va pas s’entretenir ici des inconnus avec lesquels vous jouez à ce petit jeu très en vogue dans les sous-sols bruxellois : le premier qui baisse les yeux est un lâche ! Aujourd’hui, on lève les yeux, on lit les noms des stations et on s’intéresse aux hommes et femmes qui se cachent derrière.

Dans la catégorie artiste, sont nominés…

A côté de Georges Bizet, compositeur de l'opéra Carmen, quelques artistes ont également prêté leurs noms au métro. 

Madou, Jean-Baptiste de son prénom, était un peintre, illustrateur, lithographe et aquafortiste bruxellois. Observateur pénétrant et dessinateur habile, Madou (1796-1877) était un portraitiste remarqué qui excellait également dans la peinture de genre. Il a aussi réalisé quelques disques pour le phénakistiscope de Joseph Plateau.

De Simonis à Parc, huit arrêts qui séparent le sculpteur homonyme de la première station à deux de ses œuvres monumentales : la statue équestre de Godefroid de Bouillon qui trône sur la place Royale et les lions de la Colonne du Congrès. Natif de Liège, Louis-Eugène Simonis (1810-1882) s’est formé en Italie avant d’atterrir à Bruxelles où il prit la direction de l’Académie royale des Beaux-Arts.

Vous connaissez Victor Horta et sa station de pré-métro ? Il est temps de découvrir Paul Hankar et son arrêt de métro auderghemois. Plus classique qu’Horta, Hankar (1859-1901) n’en demeure pas moins un des principaux représentants bruxellois de l’Art Nouveau. Un pionnier même, puisque sa maison de Saint-Gilles est considérée comme le premier bâtiment du genre. Les murs de la station dédiée à Paul Hankar ont été décorés par un autre artiste bruxellois : Roger Somville.

Paul Hankar

 

Politiciens

A côté de poids lourds comme Georges Clemenceau, Charles Rogier, Emile Vandervelde quelques bourgmestres ont également donné leurs noms à des stations de métro. Charles de Brouckère occupa plusieurs postes ministériels avant de devenir bourgmestre de Bruxelles tandis que Gustave Demey (1881-1950) fut le dixième bourgmestre d’Auderghem. Tandis que Léon Delacroix était le premier Premier Ministre belge.

Beau-fils de Théodore Verhaegen, Adolphe le Hardy de Beaulieu (1814-1894) hérita au décès du fondateur de l’ULB de son château situé à cheval sur les communes Watermael et Auderghem. Ce libéral de gauche et franc-maçon notoire donna son nom amputé du "le Hardy" à l’avenue tracée sur son terrain qui mène vers la station homonyme.

On se retrouve à Bockstael ? A la station de l’avocat et parlementaire francophone libéral né à Mons en 1833 et décédé à Ixelles en 1898. 

Autre bourgmestre d’Auderghem, Carl Hermann (1877-1965) a aussi droit à son arrêt. Debroux est le patronyme de sa femme qu’il a décidé d'adjoindre au sien pour sonner plus couleur locale. Hermann-Debroux, tout le monde descend !

A la guerre, comme à la…

A quelques centaines de mètres de la station consacrée au Maréchal Bernard Montgomery qui libéra la ville de Bruxelles avec l’aide de la brigade Piron le 3 septembre 1944, on retrouve deux autres héros de guerre : le Major Pétillon et l’aviateur Thieffry.

Le Major Arthur Pétillon (1855-1909) était un officier d’artillerie. Il fut envoyé par Léopold II au Congo où il conçut notamment la place forte de Boma.

359/365 - Grrr c'est déjà lundi

 

Le même Congo qu’Edmond Thieffry ralliera pour la première fois en avion en 1925. Loin des 9 heures de vol d’aujourd’hui, le périple de Thieffry (1892-1929) avait duré 51 jours dont 75 heures de vol effectif. Une épopée rendue possible par le soutien du Roi Albert Ier. Avant de se passionner pour l’Afrique, Thieffry officia comme pilote de guerre durant le premier conflit mondial. Il fut l’un des premiers à survoler Bruxelles occupée en y larguant quatre drapeaux : deux au centre-ville, un au Collège Saint-Michel et un dernier au-dessus de la maison de l’élue de son coeur.

Le Roi, la Loi et les stations de métro

Bien avant les Saxe-Cobourg et Gotha, Bruxelles a vu défiler quelques têtes couronnées. Condamné pour crime de lèse-majesté par le Parlement de Paris, Charles Ier d’Aumale (1555-1631) trouve refuge chez nous. Il acquiert une propriété à Anderlecht, le château d’Aumale, où il résida pendant vingt-cinq ans. Un château dont on a retrouvé les traces lors des travaux du métro, il n’en fallait pas plus…

Retour aux Saxe-Cobourg avec Louise. Une place, une avenue et une station de métro : rien n’est trop beau pour une princesse ! Une station de métro située à un arrêt de tram de la Place Stéphanie, une autre des trois filles de Léopold II et de Marie-Henriette.

 

Née Princesse belge, Joséphine-Charlotte mourut Grande–Duchesse luxembourgeoise. Fille de Léopold III, elle fut pleinement concernée par la Question Royale. En 1949, elle fait son retour officiel en Belgique : elle reçoit un accueil triomphal et en profite pour se recueillir sur la tombe de la Reine Astrid. Ses deux frères, Baudouin et Albert, montèrent sur le trône. Si Baudouin et Joséphine-Charlotte (1927-2005) ont tous les deux leur station de métro, Albert doit se contenter de l’arrêt de pré-métro dédié à son père.

Vrais inconnus

La station située sous l’avenue Louis Gribaumont porte naturellement le nom de Gribaumont. Mais qui est ce Louis ? Un riche propriétaire terrien qui dans les années 1900 céda quelques terrains à la commune de Woluwe-Saint-Pierre au profit de la construction de la voirie. La commune, pour le remercier, donna son nom à la rue et l’éleva au rang de maître d’ouvrage. Un donné pour deux rendus.

Sur la même logique que la station Arts-Loi qui fait la part belle aux grands axes qui se croisent en surface, Houba-Brugmann est né de la contraction entre l’avenue Houba de Strooper et l’hôpital Brugmann situés à quelques centaines de mètres de l’arrêt. Houba-de Strooper, ancien secrétaire communal de Laeken, et le généreux mécène Georges Brugmann sont ainsi devenus un couple à la ville.

A côté de ces inconnus, les stations du métro font aussi la part belle à quelques célébrités. Nullement besoin de présenter Robert Schuman, Eddy Merckx, Jacques Brel, Saint Guidon ou le Roi Baudouin.

Tout ceci vous a semblé bien trop sérieux ? Vous reprendrez bien un peu de métro-boulot-rigolo!

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